HOKO NOJO – WORLDEX OCHO (8) – Un voyage en mer

Corentin Menez
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J33

Retour en France donc, le sud de la France. Il fait beau et chaud, notre première nuit à la belle étoile, juste en bord de mer.
Réveillés par les joggeurs qui passent en groupe pour leur décrassage matinal, on se dirige vers Toulon. Passage à Decatlhon pour acheter le nécessaire à la navigation.  Il nous reste encore quelques jours à patienter avant de rejoindre le bateau. Un petit camping familial semble parfait pour ces trois jours d’attente.
Arrivés au camping, le portail est fermé. Redirigés vers la plage d’à côté, on descend les escaliers au milieu des maisons de pêcheurs. L’amassement des bâtisses et l’agencement des chemins qui les traverses donnent des airs de favelas à ce bord de mer. Tout ça nous mène à une magnifique plage isolée, bordée par l’eau claire, au sable brûlant sous le soleil.

plage

On retourne au camping pour nous installer. PH contacte des journaux pour voir s’ils s’intéressent à notre histoire. Surprise, il a une réponse dans la foulée. Énorme, on prend rendez-vous avec le journaliste. Quelques heures après, son téléphone sonne à nouveau. Un autre rendez-vous.

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On attend donc que la nuit passe pour débarquer sur le port de Toulon où nous retrouvons Pierre-Michael incroyablement enthousiaste vis-à-vis de notre projet. Il est journaliste à Var Matin. Notre histoire l’a tout de suite interpellé. On est sur la même longueur d’onde. En même temps qu’on lui raconte nos aventures, et qu’on répond à ces questions, on tient une conversation libre avec lui. On sort même souvent du sujet de son article pour rigoler sur un thème ou se concerter sur un autre. En tout cas, son soutien me fascine. On le remercie après 2H d’échanges, il fait de même, bien content du sujet qu’on lui propose. On rentre comme on est venu, en stop.
Demain, c’est le départ, il faut qu’on rejoigne le port de Hyere. On est encore un peu étonnés de cette rencontre hors norme, c’est ce genre de personne qui donne la détermination d’aller le plus loin possible.

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Le matériel est prêt, on est parés à faire la traversée.
Hyere, c’est aujourd’hui. Notre deuxième entretient dans le sud avec un journaliste aussi. Cette fois-ci, on le fait au téléphone, pour cause, Ludovic travaille pour l’édition du pays Bigouden d’Ouest-France, à 1500 Km d’ici. Après cette nouvelle heure de dialogue, on commence à être rodé. Les journalistes maintenant on sait comment les amadouer. Il faut partir désormais pour prendre le bateau et nous offrir de nouveaux horizons. Un passage à la pharmacie, des prises de contacts autour de la marina avec des bateaux qui traversent l’Atlantique, et on rejoint Heïva et son équipage.

Heïva, nom Polynésien qui fait référence aux danses et aux fêtes traditionnelles de l’île de Tahiti. Une belle image de tradition, de fête, d’exotisme et d’évasion.
On arrive au bateau sur lequel Pierre (le capitaine), Jean-Louis (son frère) et Charles (un ami) prennent leur déjeuner. Ils nous invitent à les rejoindre et nous offrent le repas. Le voilier Heïva est un superbe monocoque de 16m50. Tout est bien pensé dedans, pour ne pas prendre trop de place, ne pas trop consommer, et ne pas valdinguer à chaque secousse au milieu des océans. Pierre, le capitaine, aime son bateau et ne lui refuse rien pour lui parfaire son optimisation.
Quelques réglages de dernière minutes et Charles nous quitte, nous laissant une cabine qu’il récupérera plus tard à Tanger. On lève les amarres. Petite distance aujourd’hui, on va juste en dessous de Porquerolle, pour lâcher l’ancre près de la côte. C’est volontiers qu’on ira se baigner dans cette eau chaude, à bord de notre plage ambulante qui sera aussi pour cette première nuit notre berceau.

porquerolle

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Réveil a 6h. On doit profiter des vents favorables et du soleil encore dans son lit pour filer vers les Baléares. Environ 500 Km pour cette destination, 250 miles. On longe les fortifications de la Batterie du Pradeau, ses côtes, pour bien les voir disparaître progressivement au loin.

Ça y est, cette fois on est vraiment partis. Plus de rivage, rien d’autre que des vagues bleues et du ciel bleu. On inspecte en panoramique l’horizon pour voir s’il y a de la circulation, pas grand monde en vue. Le radar nous permet d’analyser à de plus lointaines distances que celle des yeux si circulent des paquebots qui croiseront notre route plus tard. Il est temps d’installer les cannes à pêche à l’arrière et d’attendre les touches. Les premières leçons de navigation commencent.
Grand-voile, trinquette et génois viennent composer la voilure du navire. Les cordes, appelées bouts, ont toutes une utilité différente venant tendre ou relâcher un mécanisme de l’ensemble. Le plus complexe à appréhender est celui de la grand voile. Elle repose sur une barre appelée bôme, qui s’articule sur l’axe horizontal en fonction du vent. Deux cordes à retenir : Drisse qui hisse la voile, et écoute, qui la borde (tend) ou la choque (détend). Tout un lexique sur lequel s’atteler, PH a quelques cours d’avance et peut donc m’aider.
« Sortez le yam ». Quel type de bout c’est ça déjà ? Ah non, c’est juste l’heure de jouer aux dés. Il faut faire des figures (suite, brelan, carre, full,…) et marquer des points que l’on cumule. Un lancé de dés, et une canne à pêche s’agite. On fige la partie et accourt mouliner. Sort de l’eau un resplendissant thon germon qui nous laisse, en se débâtant, plein de sang dans le cockpit. Nettoyage, Jean-Louis le vide et en ressort quatre filets qu’il réserve au frais.
Retour au Yam. Immédiatement une deuxième canne se manifeste. Un deuxième thon, qui saigne tout autant que le premier, découpé cette fois par PH. On a de quoi manger pour un petit moment là ! Et du thon en plus. Une chance que ça ait fonctionné aussi bien, mais une plus grande encore que Jean-Louis se révèle être un cuisinier à la retraite. Il nous fait saliver en listant toutes les recettes qu’il a en tête pour ces malheureux poissons. Pour ce midi il choisit le carpaccio de thon au citron vert, huile d’olive et coriandre. On ne peut pas faire plus frais. Simple et délicieux, on savoure ça dehors, un peu secoués par la houle qui brusque le bateau.

thon

On fait connaissance avec nos deux convives qui nous évoquent leurs fréquents passages en Polynésie (d’où vient le nom du bateau) dont ils sont tombés amoureux pour la richesse de ces terres abondantes, de la culture, et de leurs habitants. Ça y est, on veut y aller maintenant, il va falloir actualiser nos plans.

Les heures et les paquebots passent, la nuit se rapproche tranquillement. Le moment pour nous de nous préoccuper de ce qui va constituer nos nuits sur le bateau : le Yam !..
Non, les quarts ! La nuit, au milieu des mers, il faut redoubler de vigilance. Il faut toujours au mois une personne alerte sur le pont. Garder le cap, surveiller les navires en approche, guetter le vent, sa force et sa direction, pour adapter les voiles et éviter les obstacles. Une bonne nouvelle pour entamer la veillée : « Bon, vous n’avez pas encore vomi, c’est que vous êtes faits pour naviguer ! ».
On sépare le temps en quatre quarts (Logique). Deux personnes par quarts et donc deux quarts chacun, pour que dans notre cas, on puisse être un minimum guidé par plus expérimenté. Une tranche pour Jean-Louis, mon encadrant de la soirée, de 21h à minuit, puis une autre de 03h à 06h. On laisse le reste à l’autre duo Pierre et PH.

Premier quart et d’étranges sensations. Toujours d’infinies étendues d’eau aux alentours, sauf que le soleil, notre berger, commence à disparaître, et à nous laisser seul au milieu du noir. La mer est agitée, mais assez peu de passage. Loin de toutes lumières, les étoiles se révèlent dans leur plus scintillante robe. On se retrouve seuls face au vide, au silence trop silencieux, et au temps, qui défile au cours des vaguelettes qui se succèdent à nos côtés.
Une traînée de plancton phosphorescent prolonge le sillage de notre embarcation. L’heure vient pour moi d’aller me coucher et de laisser la relève prendre place. J’interromps le sommeil de PH, assez durement semble-t’il, et je me couche à mon tour, un grand sourire au visage. Rarement été aussi heureux d’aller me coucher.
La cabine est secouée par les vagues, le vent se dévoile et les voiles remplacent alors le moteur qui a tendance à accentuer le percutement des vagues.

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Trois courtes mais belles heures de sommeil, j’ai beaucoup moins le sourire en apercevant la silhouette du PH qui se présente à la porte. C’est à nous de veiller, la nuit se poursuit.
L’aube éclot derrière nous tandis que nous approchons de notre destination, Majorque. Vers midi, le contour des Baléares se dessine dans la brume. Nous allons amarrer a Puerto Soller, à l’ouest de l’île. Derrière les rochers, le port émerge dans un cirque légèrement en retrait de la mer. Sur place, une sangria de bienvenue nous est offerte. On s’installe et visite la ville avant d’apprécier une belle nuit calme sans houle ou quart à faire. Grasse mat’ bien méritée.

majorque

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Ce matin on part découvrir Palma, la grande ville de Majorque. À bord d’un petit train touristique bien pittoresque, on escalade les hauteurs de Soller, étalant une magnifique vue sur les vallées en bord de mer. Arrivée en plein centre de Palma, on s’aventure dans ses allées en quête de jambon Iberico.

Le lendemain on se repose au port, avant de reprendre route vers le sud de l’île de Majorque, et nous placer en direction du prochain archipel, Ibiza. Arrêt à Andraxt, idéalement placé sur le chemin. Baignade, visite de la ville, dîner sur le pont, c’est une vie loin de la route goudronnée, qui nous plaît bien.

soller

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8h, les vents sont favorables au déploiement des voiles. On s’active pour profiter de cette faveur. Tout droit vers Ibiza. De la pèche, des parties de Yam, on arrive sur place avec 240 lancés de dés et deux bonites prêtes à être dégustées. Pas de place à Ibiza, on continue vers Espalmador. On découvre une plage retirée, paradisiaque. Eau turquoise, sable blanc fin, hormis l’odeur soufrée d’œuf pourri qui rôde, l’endroit est idyllique. PH m’initie à la plongée. On explore les fonds en esquivant les petites méduses pour découvrir les variétés de poissons qui se déplacent en groupe. Magnifique.

plages espalmador

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On repart en plongée dès le matin, avant de libérer les lieux pour 13h. On se déplace un peu plus loin, à Formentera, où après avoir jeté l’encre, on part en réapprovisionnement. Encore une autre belle plage où on partira en immersion aquatique. La nuit tombe, recette de poisson à la Tahitienne au lait de coco, citron vert et légumes fraîchement coupés, on dort au bord de la plage.

cocothon

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Rapide passage à la 4ème plus belle plage du monde Cala Saona (d’après The Guardian), plongée oblige, on ne s’attarde pas trop, il faut qu’on aille à Carthagène maintenant. Après ces derniers jours de repos au paradis, on va repartir pour une épopée plus sombre. 24H de navigation pour rejoindre la côte sud espagnole, et deuxième quart qui se profile. Nouvelle plongée dans le noir, je dors le premier quart et prends le relais à minuit. Enfin j’essaie de dormir. Dehors, il vente, il pleut, les vagues sont excitées. J’ai la sensation de chuter dans le vide en cherchant le repos, berné par la houle. Le sommeil est précieux, et il est dur à trouver.

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Le tonnerre se manifeste au loin. Minuit 15, PH me chasse du lit. Encore à moitié endormis, il me faut enfiler sous les turbulences et le bruit des vagues qui heurtent la coque mes bretelles de salopette, ma veste, ma frontale et mon harnais de sécurité. J’ai l’impression d’être un vrai marin qui part lutter contre les flots. La pluie est plus forte que tout à l’heure, le tonnerre plus fréquent. Il faut s’agripper pour aller aux toilettes et pour sortir la tête de l’habitacle. La pénombre a pris possession de tout sauf notre bateau. Le vide en face, à droite, à gauche, derrière. Surtout, le vide en dessous. Cette masse noir sombre, sur laquelle nous sommes déposés se prolonge sous 1200 mètres. On est un minuscule et fragile bout de lumière sur les profondes ténèbres.
Dans cette atmosphère obscure, j’aperçois d’étranges lumières qui clignotent à notre gauche. Je ne suis pas rassuré. Un bateau de pêche à peu près dans cette direction, en surplace d’après le radar. Ça doit être eux en train de se bagarrer avec les poissons. Un objet tout près, perdu dans les vagues, à quelques km n’est pas vraiment discernable. On branche la radio sur le canal des urgences, tout en continuant sur notre cap. D’autres points lumineux se rapprochent, puis disparaissent. Des bouées généralement.
Puis ce point rouge scintillant, semble flotter au-dessus de l’eau attire mon attention. Le temps de se focaliser sur une autre chose, et ce même point rouge se rapproche. Nos pupilles complètement dilatées et attentives à toutes lumières nous donnent presque l’impression de voir la nuit.
Un moteur commence à résonner. Ça vient du point rouge. C’est soit une grande tondeuse volante soit un hélicoptère. En tout cas, ça grossit à une vitesse folle. Son puissant halo de lumière se rapproche, il scrute les alentours puis s’arrête à notre hauteur pendant quelques secondes. Le dense faisceau lumineux déchire la brume tumultueuse de la nuit et nous sors de la pénombre. Il brusque nos pupilles entraînées, sa présence si loin de la côte n’est ni agréable, ni rassurante. Il semble insistant, puis il se dirige maintenant vers le point lumineux, vers le bateau de pêche, que nous avions vu plus tôt. La fatigue théâtralisant tout, et le temps, qui nous laisse l’opportunité de cogité, j’ai devant moi une belle scène qui me prend aux tripes.

nuit bateau

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On se réveille perturbé par ce qui s’est passé pendant la nuit. Beaucoup de questionnements, qui sait, peut-être qu’on est passé à quelques kilomètres d’un naufrage. Ce qui ne me rassure pas, c’est de voir que Pierre, avec ses nombreuses années d’expérience en mer, semble tout aussi préoccupé que moi de ce à quoi nous avons tous les deux assistés. On échange sur ce sentiment, d’être isolé, au milieu de l’eau. Il me dit que comme beaucoup d’autres navigateurs, son bateau est son cocon, sa coquille d’œuf qu’il chérit, car au milieu du néant, c’est le seul réconfort et la seule subsistance qu’on peut avoir.

Arrivée à Carthagène, port militaire, industriel. On est loin des plages des jours précédents. Mais ici, ce qui est intéressant, c’est la ville. Ancienne forteresse romaine, des vestiges d’amphithéâtre, de forums et tout un tas de bâtiments antiques viennent contraster avec la ville actuelle, assez laide. Le centre est joli, mais dès qu’on s’éloigne, on trouve des façades de bâtiments dépossédés de leurs restes. On s’installe pour quelques jours, on nettoie le bateau et fait des lessives. L’occasion pour nous aussi de chercher des bateaux en manque d’équipage pour la transatlantique. En vain.

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J49

On repart pour la dernière étape : Gibraltar.
On est à un peu plus d’un jour de voyage. Des gros bateaux nous entourent en sortie de port, on devrait en trouver de plus en plus au fur et à mesure que nous progressons dans l’entonnoir qui mène au détroit.
Pèche infructueuse, partie de Yam et pause philosophie en compagnie de Luc Ferry, le temps s’immobilise à nouveau alors que le ciel commence à s’assombrir. Des dauphins nous escortent, jouant en bande dans les remouds de la proue, éclairée par la lueur de la lune presque pleine. La mer est calme, pas de vent, ce qui nous oblige à faire quasiment tout le trajet au moteur. La présence de la lune et des dauphins cette nuit nous fait nous sentir moins seuls, l’obscurité n’est quasiment plus oppressante.
Rien à signaler, à part cette masse sombre en face, mais rien sur le radar. On dirait une île, pas évident à discerner. Cette masse passe à notre gauche puis rapidement on distingue que c’est un navire militaire, toutes lumières éteintes, qui nous esquive lentement. « Décidément, les quarts avec toi, il se passe toujours des trucs inattendus » me dit Pierre. À part ça, nuit calme, les gros paquebots et les navires de croisière de plusieurs centaines de mètres restent à des distances confortables de nous.

gibraltar

J50

Trois nuits en mer, et trois quarts bien différents. En approche du rocher, guidés par une nouvelle escouade de dauphins alors qu’on longe le gros caillou Britanique, on s’installe dans une marina côté espagnol, à la Linea de la Concepción. C’est pour nous la fin de l’aventure en mer à bord de Heïva. On reste en compagnie de nos partenaires dont la générosité ne s’arrête pas là. Ils nous invitent à leur tenir compagnie encore quelques jours pour nous permettre de trouver un bateau. Sur l’autre rive, chez les Anglais, un festival de musique se prépare. On passera d’agréables moments avant de laisser nos formidables hébergeurs autour d’un Burger d’adieux, pour reprendre le stop sur asphalte comme au bon « vieux » temps.

la team

4 commentaires sur “HOKO NOJO – WORLDEX OCHO (8) – Un voyage en mer

  1. On attendait avec impatience des détails sur votre vie de marins… Nous voilà récompensés ! Une expérience très forte et douce à la fois, bien loin de ton école de voile en baie de Morlaix, Corentin ! Merci, merci.

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  2. Quelle épopée et que d’emotions vécues en plein océan 😉
    Restez-vous encore longtemps dans l Sud Espagnol ? Nous arrivons à Malaga le 24 … serez-vous encore par là ?
    Grosses bises des lyonnais 😘

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    1. Salut Marie-Claire, merci pour ton message! Non malheureusement on est sensé partir avant le 20 pour la traversée de l’Atlantique, on va se rater à pas grand chose. En tout cas le coin nous plaît beaucoup, j’espère qu’il vous plaira tout autant. Bises à toute la famille !

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