Worldex Quince (15) – A la recherche de la vie pure

En complément de cette article:
Les trois vidéos du trajet Panama – Costa Rica à découvrir ici

JOUR 232 – JOUR 268
20/03/2018 – 25/04/2019

Pierre-Henri

Le départ

La maison construite par Nora et Géronimo

10 jours de volontariat qui s’achèvent, une période un peu hors du temps, loin du confort habituel qui nous promet en général des murs en béton et un sol inamovible. Ici le sol est en terre rocailleuse et les murs en terre non rocailleuse. Pas de lits pour nos pauvres dos qui auront eu le droit au traditionnel hamac et tente. Que peu d’électricité pour nos appareils électronique, le chargement solaire est en test. Mais surtout, Ô grand malheur, pas d’internet, le point de connexion le plus proche étant à au moins deux voitures stop. Mais quelle expérience ! Géronimo et Nora sont des personnes incroyables, remplies de convictions qui nous parlent, ils ont construit leur chez eux et il leur ressemble : ouvert, naturel et chaleureux. Tout ceci s’achève avec une envie nouvelle, montrer notre chemin jusqu’au Costa Rica d’une manière plus actuelle, la vidéo. On ne veut pas prétendre à révolutionner le genre, surtout avec nos Gopro en guise de caméra haute définition, mais juste faire un petit film de nos rencontres et de montrer en quoi consiste vraiment le stop pour ceux qui n’en aurait malheureusement jamais fait.

Nora, Géronimo était déjà entrain de surfer

Alors on s’équipe, un petit boîtier chacun, et on commence à filmer le départ. Une voiture, deux trois, ça marche plutôt bien on arrive rapidement dans la grande ville de la région, Santiago, mais là, au bord de la panaméricaine c’est la panne sèche, vraiment sèche. Il fait 40°C à l’ombre et pas une seule voiture ne montre le moindre signe de compassion pour nous. Dépité, on se réfugie chez Angelina, une habitante de l’endroit. Elle nous a ouvert sa porte et proposé un endroit ou dormir, elle nous a offert à manger et fait goûter les fruits de son jardin. Issue d’une famille de 14 enfants elle a du se mettre à travailler très tôt pour apporter sa part à la famille. Elle a le sourire naturel et nous accueille comme ci nous nous connaissions depuis longtemps. Cela faisait un moment que l’on avait pas toqué chez quelqu’un et ça nous réconcilie directement avec la manœuvre.

Angelina, notre hôtesse d’un jour

Le lendemain on prend le bus après avoir attendue quelques heures. Puis le stop remarche, on se dirige rapidement vers le Nord du pays en passant par Chiriqui ou nous dormirons encore chez quelqu’un, cette fois sur des matelas sur leur terrasse. Le lendemain nous atteignons difficilement Almirante, point de départ des embarcations pour l’île de Bocas Del Toro. La route passait à travers les montagnes, frontière architecturale, puisque nous atterrissons sur un versant ou les maisons sont en bois bruts ou colorés faisant contraste avec les habitations en béton généralement nu que nous avions vu jusqu’à maintenant. Les habitants ne sont clairement pas dans l’opulence mais leurs habitations semblent néanmoins bien plus agréables que leurs concitoyens du Sud. Les écoles sont par contre une constante dans ce pays, de plein pied, la première partie des mur peinte d’un bleu vif et la seconde de blanc. Elles sont présentes partout, dans chaque ville, village, hameau.

La petite barque est en mauvaise état, réparée avec des tuyauteries d’eau et du scotch. Nous nous serrons, une quinzaine de personnes font le voyage avec nous. Le moteur démarre tranquillement puis d’un coup le capitaine lance la machine, une accélération détonante, des gerbes d’eau nous entourent et les passagers crient « ouuahh, ouahhh! » à chaque vague.

Arrivée à Bocas Del Toro

Nous ne voyons que de la verdure au loin, puis viennent les premiers bateaux au mouillage et enfin les bâtiments suspendus au dessus de l’eau. Il y en a beaucoup, pas si sauvage que ça finalement. Nous sommes sur l’île principale, habitée principalement par des surfeurs. Nous trouvons refuge à côté d’un cimetière, dans nos hamacs, puis sous un porche quand la pluie nous réveille à 3h du matin. Les jours suivants nous squatterons littéralement une auberge de jeunesse. Pas grand chose à voir sur l’île à part les plages paradisiaques, les touristes se sont fait une joie d’envahir se bout de paradis. Mais bon séjour quand même sympathique. Nous retournons sur le continent avec un objectif : le Costa Rica ! Nous ne somme plus qu’à une quarantaine de kilomètres de la frontière. Richard nous récupère sur la route puis nous fait dormir chez lui à quelques pas de la bordure du pays.

La vie pure ou « Pura Vida »

Le lendemain nous franchissons à pied le pont suspendu au dessus de la rivière, limite naturelle entre les deux pays, qui nous amène directement à l’endroit qui me fait rêver depuis longtemps : démilitarisé, quasiment 100% de l’énergie provenant du renouvelable, une faune et une flore dépassant l’imagination. Le Costa Rica ça promet . 7H plus tard nous avons avancé, à pieds. Jamais autant de personnes ne s’étaient arrêtées pour nous, sauf qu’il s’agit de taxis non déclarés. 30$ pour faire 30km non merci, si on voulait on pourrait prendre le bus qui nous y amènerait pour 10 fois moins. Nous ce qu’on veut c’est faire du stop nom d’un chien, vous ne connaissez pas ça dans ce pays ? Enfin une voiture s’arrête, un nicaraguayen et son ami. Ils nous emmènent directement à Puerto Viejo, un autre repère de surfeurs. La vie est cool ici, tout le monde nous le dit. Alors on s’installe en camping sauvage au bord de la plage pour nos nuits, et les journées on fait nos montages vidéos. Et ça prend du temps, on a filmé un paquet de scènes et il faut faire un sacré tri pour faire des vidéos pas trop longues. Pour manger on découvre la purée de haricots rouges/noirs, pour une somme raisonnable ça nous fait au choix un bon sandwich ou une bonne tortilla. Ça deviendra notre plat principal.

Très régulièrement nous entendons un « Pura Vida », les premiers jours nous ne comprenions pas et répondions seulement « gracias » ou « holà ». En fait cette expression est typique du Panama et signifie littéralement « pure vie » (vraie vie, vie tranquille, bonne vie) mais qui est utilisé pour dire « bonjour, salut, au-revoir, ça va… ». Dans certaines régions c’est un véritable style de vie à la cool.

A coté de Puerto Viejo il y a Cahuita, un parc national gratuit on l’on est susceptible d’apercevoir des paresseux. Malheureusement pour nous aucunes de ces bestioles ne se montrera. On aura vu en revanche des singes capucins, des écureuils, pleins d’oiseaux, des bêtes à quatre pattes inconnus et d’autre singes. Une belle entrée en matière. On se dirige ensuite vers la péninsule d’Osa ou l’on a trouvé un autre woofing dans une auberge familiale, le concept nous plaît moyennement mais ils sont à côté d’un des parcs les plus réputés et surtout ce sont les seuls qui nous ont répondus…

Un couple de jeunes allemands nous prend en stop, ils viennent de faire l’Amérique du Sud pendant un an et demi en vagabondage et ils se sont offerts la location d’une voiture pour deux semaines au Costa Rica avant de rentrer chez eux. Ils peuvent nous avancer un peu. On sympathise rapidement avec eux, si bien qu’ils changent radicalement leur plan pour nous emmener à la péninsule, à 400km de là ! On passe à travers les montagnes et surprise, pour nous qui n’avons absolument pas étudié le relief du pays, nous arrivons à 3000 mètres d’altitude juste avant la nuit. Nos chauffeurs sont comme nous ils ne savent pas ou ils vont dormir. Mais forts de leurs expériences dans le sud ils demandent au patron d’un restaurant si il n’y aurait un endroit ou camper, ils ont une tente et nous deux hamacs. Le propriétaire nous indique le parking à l’arrière du restaurant, puis une petite salle ou deux personnes peuvent s’y allonger. Plein de reconnaissance pour nos chauffeurs nous leur laissons la salle et partons mettre nos hamacs, 5°C dehors ça nous permettra de voir sir on peut les supporter. Nous n’aurons pas le temps de nous installer qu’un cuisinier nous interpelle et nous indique un appartement vacant ou nous pouvons dormir. Nos amis sont déjà installés à côté, l’appart est pour nous !

Sur la route nous nous amusons des panneaux « attention école, limitation à 20km/h » tous les 5km. Les écoles on ne les voient pas souvent…

Nos chauffeurs Allemands avec qui nous avons passé deux jours

Changement de plan pour nous aussi, nous avons reçu une autre réponse pour notre woofing, un refuge animalier nous a accepté ! Quoi de mieux dans un tel pays ! On quitte nos deux Allemands sur la Panaméricaine, ils nous ont vraiment aidés ! On attend un peu, un camion s’arrête, sans grand espoir je vais voir le chauffeur qui pisse contre l’une de ses roues

  • « Montez, pas de problèmes ! »

Premier camion-stop de notre périple, et ça sur la panaméricaine ! L’intérieur paraît ancien, des boutons, manettes ressortent du tableau de bord. Un peu de cuir et de bois ponctue l’aspect vintage du camion. Coco s’assoit à l’arrière sur la couchette du conducteur, il y a de la place. Le camion est à l’américaine et ne ressemble pas vraiment aux camions que l’on connaît en Europe. Le moteur est très en avant, les lignes sont strictes et le bruit énorme. C’est le camion du chauffeur, son seul, il est en mission sur plusieurs jours et refera plusieurs fois le même trajet pour décharger un bateau. Il est très ouvert et curieux notre discussion est animée.

On descend à Estrellos, une plage repérée sur une carte, il fait de nouveau très chaud et le soleil est brûlant. Pour dormir on ne cherchera pas compliqué, une maison abandonnée ou presque, nous servira de pose hamacs.

Des animaux, des volontaires et du sang

Puis direction le refuge avec une étape sur la route à côté d’un restaurant désert. Et enfin le paradis « paraiso Carlisa » nous ouvre ses portes, enfin Lu nous ouvre les portes. Pas très grande mais de forte constitution elle sera une de nos « surveillantes » pour les prochains jours. Marie est aussi ici, le pied ensanglanté, une volontaire arrivée quatre jours plus tôt. Elle vient de se faire morde par un animal. On va peut être pas rester nous…

Non je rigole, c’est pas deux petits trous dans une jambes qui vont nous faire peur ! On commence à visiter, un espace lounge ouvert avec piscine à débordement, un domaine sans fin avec une forêt abondante, et une chambre avec deux lits doubles (on en avait pas eu depuis notre séjour à El Valle il y a presque un mois) et salle de bain. Whoa !

Le lendemain nous découvrons le travail : découpe des fruits (pastèques, papayes, bananes, mangues, pommes d’eau), alimentation des animaux (singes araignées, singe hurleur, caimans, cerfs à queues blanches, coatis), nettoyage des enclos et cages et, de temps en temps, ramassage des pastèques, papayes et bananes. Rien de bien compliqué, il nous faudra rapidement moins de trois heures pour accomplir les tâches quotidiennes au lieu des 5h30 de prévues.

Congo, le singe hurleur, qui se dore au soleil. « Pura Vida! »

Bientôt arrive Mike, un Ecossais sur la fin de son tour du monde de deux ans et demi. Nous sympathiserons vraiment avec lui et nous l’emmènerons faire un tour d’autostop. Tel un véritable écossais il sortira bourré de crème solaire et fera du stop sous un parapluie, technique innovante.

Coco avec Poly, le singe araignée. Au fur et à mesure des jours les animaux nous font de plus en plus confiance.

Puis quatre nouveau volontaires arrivent, on pouvait faire tout le boulot en 3h à trois, maintenant on est sept, les encadrants nous trouvent des travaux à faire pour meubler les trous. On forme le quatuor de jeunes travailleurs en t-shirt blanc immaculés aux tâches dont ils auront la responsabilité après notre départ dans quelques jours. Avec leur arrivée l’ambiance change dans le refuge, je m’y sens moins à l’aise, je me fait peut être vieux avec mes 27 ans. Ou alors c’est le fait d’être resté trois semaines au même endroit, je commence à attraper le virus de la bougeotte, j’attends le départ. Le chef nous libère notre dernière journée de travail pour aller avec lui sur la plage paradisiaque de Manuel Antonio et prendre un verre avec une vue imprenable. Et finalement nous disons aurevoirs aux animaux, Congo, Nina, Tonito, Michel(le?), Saïco, Poly, San, Leïla, Valentina et bien sur Nocha avant de monter dans le 4*4 de Gaspard avec toute la troupe. Le véhicule à bien vécu, il manque des pièces un peu partout, la rouille en a pris possession, les phares arrières sont indisponible mais nous arrivons à y monter à 9 avec une dizaine de cageots pour les fruits et nos deux gros sacs. On nous dépose au bord de la Panaméricaine et nous voici, une fois de plus seu… non yen a marre de répéter ça, cette fois ce sera : une fois de plus prêt à retrouver notre ami l’inconnu.

Gaspard (à gauche avec la casquette) le chef des lieux, Kim (à droite avec la banane rouge) l’encadrante principale et l’équipe de volontaires du refuge.

2 commentaires sur “Worldex Quince (15) – A la recherche de la vie pure

  1. Bonjour,
    Merci de nous faire partager ces superbes expériences. Je voulais savoir si vous êtes passés par woofing ou par du workaway ? Vous avez payé une cotisation pour le logement et la nourriture ?

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    1. Salut Pauline, merci pour ton commentaire. On passe par workaway qui est beaucoup moins cher et plus fourni quand on change de pays régulièrement. Je crois que l’on paye quelque chose comme 40€ par an pour deux. Les volontariats sont ensuite gratuits, on travaille en échange du couvert et du logis.

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