Worldex dieciocho (18) – L’aventure au Mexique

CORENTIN MENEZ
JOUR 317 – JOUR 349
13/06/2019 – 15/07/2019

Sortir de Belize. Rapidement exécuté nous arrivons à la frontière où nous choisissons d’aller à Bacalar sans savoir à quoi nous attendre. Le Mexique est notre nouveau terrain de jeu. Il va falloir écrire ici une belle histoire, car cet immense pays propose beaucoup possibilités.

Alors, comment raconter une bonne histoire sur le Mexique ?
Déjà, qu’est ce que le Mexique ? Le Mexique, c’est des cactus, de la musique, de la chaleur, des plages, des couleurs, de la joie, de la bonne bouffe épicée.
C’est des cartels, des flics ripoux, des sombreros, des carabines, de la drogue, des luchadores en slip, de la « salsa picante » avec de l’alcool de cactus et des messieurs bedonnants qui en abusent un peu.
C’est des villes tentaculaires surpeuplées, le bassin des civilisations Mayas et Aztèques, des dégustations d’insectes et de viandes en tous genre, des indigestions, de grandes villas sur les littoraux touristiques.
C’est aussi de la pauvreté, de la main d’oeuvre pas cher et des conditions de travail difficiles sous un soleil de plomb.
Voila, on a ici un bon gros cliché de ce que représente le Mexique, à nous de voir maintenant si notre aventure comporte ces éléments ? (spoil : Oui… Tous!)

Quintana roo

Tout commence donc avec Bacalar. Un superbe lac aux nuances turquoise et marine longe la ville. Trois heures de recherche pour dénicher un petit parc public douillé avec accès au lac. Les locaux valident notre présence, mais un policier, un peu zélé, vient nous déloger de nos hamacs plus tard, alors que la nuit vient de tomber. Première entrevue avec les autorités mexicaines (et pas la dernière) un peu frustrante, il faut recommencer les recherches malgré le crépuscule. Heureusement, se trouve une auberge au centre ville, où un droit d’accès au fond du jardin nous est donné. Tout le monde fume là-bas, en premier lieux la « réceptionniste » complètement perchée. Le cannabis n’est pourtant pas légal. Bonne ambiance entre voyageurs casaniers et musiciens vagabond, on s’en sort bien mieux qu’en compagnie des policiers. Un premier choix s’offre à vous : Rester sage (1) ou profiter de l’ambiance (2) ?

Le Mexique est de loin le pays le plus grand auquel nous nous sommes attaqués. Un seul impératif, le 15 juillet, nous prenons un avion en partance de la capitale : la gigantesque et intimidante ville de Mexico. Et le chemin va être long et semé d’embuches jusqu’à là-bas.

Yucatan

Prochaine étape, Tulum, station balnéaire de la côte Atlantique. La totalité de la plage est morcelée entre hôtels de luxe et restaurants. Heureusement nous sommes venus ici avec Sébastien et Peter, un français et un américain expatriés avec qui on se prend pour plus riche dans la piscine de l’un des restaurant chic du rivage.

Pour aller a Mérida, c’est un peu moins de 300 km que nous devons faire aujourd’hui. Une belge se joint au tandem du levé de pouce. On parvient à Chichen Itza, ville maya dont le temple principal est classé merveille du monde.
Puis, le lendemain un mexicain nous escorte jusqu’à l’entrée de Mérida, où un contrôle de police me réveille de la sieste dans la benne du pickup.

Sous un pont le barrage est dressé. La voiture est rangée sur le côté, les gros sacs sont fouillés, les papiers sont en règle, on ne va pas tarder à repartir. Trois policiers tournent autour du pickup cherchant désespérément une faille à notre bonne conduite. L’un d’eux est armé de fusil d’assaut. C’est lui qui constate qu’il reste un petit sac sous l’échelle située dans la benne. Fouille sommaire de la grande poche, presque résignés à ne rien pouvoir nous reprocher. Mais c’est comme si la fouille s’éternisait. Pourtant, restant serein, j’observe la poche avant épiée à son tour. Rien de grave ne peut nous arriver, aujourd’hui est une journée où tout ira bien. Quelqu’un aurait il quelque chose à se reprocher ? Quelle décision avez-vous prise à Bacalar ? Rester sage ou profiter ? Lisez le paragraphe correspondant à votre décision.

(1) Rester sage : le sac est refermé et posé dans la benne. Tout le monde remonte en voiture. Attendez ! En ouvrant la porte, le chauffeur fait tomber une multitude de sachets de cocaïne sur le goudron. Les policiers deviennent fous et commencent à tirer dans tous les sens. Des renforts arrivent à leur tour pour défendre le chauffeur. Un carnage. Tout le monde fini en prison, vous ratez votre avion. Game over (bien sûr tout ceci est faux, vous avez juste fait le mauvais choix !)

(2) Avoir profité : C’est comme si la fouille s’éternisait. Quelqu’un aurait il quelque chose à se reprocher ? Il faut juste rester calme et faire le naïf, la barrière de la langue est parfois un atout. Des bouts de carton déchirés et des feuilles à rouler semblent redonner goût à l’investigation. Il sort de la poche mes affaires une à une, car c’est bien mon sac qu’on explore. Il saisit ma boite à lentille qu’il garde de côté. Tout est sorti. Toujours rien, puis tout est rangé. Sauf, le dernier élément, le boitier à lentilles toujours dans son poing serré. Le meilleur pour la fin. Il dévisse lentement les compartiments alors que ses yeux s’agrandissent. Il siffle ses collègues qui rappliquent dans l’excitation. Je suis alors pris en aparté par un autre policier, plus jeune qui annonce qu’il va falloir passer un test médical en ville, ce que j’accepte. « Le cannabis n’est pas légal ici ». Il menace de me faire passer 36h au poste si le test est positif. Le seul vrai problème, c’est qu’ils retiennent notre chauffeur, qui n’a rien à voir avec cette histoire. Il doit y avoir un moyen de ne pas faire perdre nos temps respectifs. Un nouveau choix : Attendre qu’il propose une alternative (1) ou lui proposer de l’argent (2)?

(1) Il ne propose rien, il refuse clairement de prononcer lui-même le mot « argent » malgré de légères insinuations. Il commence à perdre patience et n’attend qu’une chose pour que la situation se dénoue. Son collègue rode dans le coin avec son fusil d’assaut, il vaut mieux éviter d’avoir affaire à lui. Plus qu’un seul choix : Lui proposer de l’argent (2).

(2) Oui, au Mexique, comme dans une bonne partie de l’Amérique latine, les policiers sont corrompus. Ils sont très mal payés, et généralement profitent des moindres occasions pour mettre du piment sur leurs quesadillas (sorte d’analogie à « mettre du beurre sur les épinards » mais sur le thème mexicain). Vu le peu d’argent en poche, je propose donc 200 pesos (environ 9€50). Il accepte rapidement après avoir discuté avec un collègue. Des caméras de surveillance nous filment. Il me dit d’aller aux toilettes, de simuler mes besoins, puis de poser le billet sous une pierre, pour qu’il puisse récupérer plus tard sans laisser de trace. Pause pipi truquée, tout le monde remonte dans le pickup calmement. Ils me serrent la main en souriant et nous saluent de manière un peu surnaturelle comme si nous venions de trouvé accord sur un dossier commercial récalcitrant. Mérida à la réputation d’être la ville la plus sûre du Mexique et cette considération se mérite.

Bref, tout ça ne m’aura couté qu’un peu moins de dix euros, et aura fait un flic heureux. Rien de bien grave, je n’avais en vérité quasiment rien car je fume très peu, un simple petit réconfort d’après longue journée de patience sous canicule. Et c’est en l’occurrence votre décision qui nous a menés ici 🙄.

Mérida

Notre patient et compréhensif chauffeur nous dépose à Mérida. Un magnifique hôtel avec piscine qui nous autorise à poser les hamacs dans un coin. Très élégante ville. On fait une visite guidée pour explorer le centre historique et découvrir les spécialités culinaires, dont les nationaux Tacos al Pastor. Le soir on se retrouve a un spectacle folklorique hyper coloré. Les danseurs sont souriants, la musique réjouissante.

Chose indispensable à voir dans le Yucatan, les cénotes, des fosses naturelles remplies d’eaux souterraines. On est attiré par un site qui se situe pas très loin de Mérida et qui a l’avantage d’être assez peu touristique, la route n’est d’ailleurs pas favorable au stop et la chaleur toujours aussi insoutenable. Un couple de toulousains est le seul à s’arrêter spontanément et à nous faire profiter de la clim de leur voiture de location. Eux vont à Campeche et peuvent nous déposer à quelques Km dans une petite ville déserte. La voie rapide qui s’approche des cénotes nous laisse quand même une dizaine de kilomètres de marche, alors qu’un gros orage éclate aux premières bornes.

Arrivés, on trouve un restaurant vide avec un abri spacieux. On attend avec les propriétaires le retour du cuistot, chargé de course, qui se sera probablement perdu dans le magasin avec nos espoirs de diner. Sans pitance mais avec un refuge pour la nouvelle averse, on y aura tout de même trouvé satisfaction.

Tôt le matin, on explore les lieux avant l’arrivée des autres visiteurs. Deux cénotes, lequel visiter : X-Batu (1) ou Dzombakal (2)?

(1) Point d’eau entouré de grottes et de racines d’arbres qui montent jusqu’à une dizaine de mètres plus haut. Les grenouilles et les oiseaux nous observent depuis leur jungle, et des petits poissons viennent nous mordiller les mollets. L’eau est froide et un peu.. Arh, un oiseau vient de me chier dessus. Pas cool : -5 points de propreté.

(2) Vaste grotte remplit d’eau d’une clarté pure. On voit à travers comme si elle n’y était pas. Des oiseaux tournent en ronde chorégraphique au dessus de nos têtes furetant leurs nids sur les parois caverneuses. Apparemment très profonde, des plongeurs en bouteille font leur arrivée à notre départ.

Retour au stop, en plein soleil. On avance petit bout par petit bout, mais surtout on attend beaucoup. On parvient à finir notre journée dans une petite ville pittoresque : Maxcanu. Premier contact avec une population authentique. On trouvera logement sur les bancs en béton du commissariat, très étroits, l’objectif de la nuit étant de ne pas tomber. La bonne nouvelle reste que cette fois ils ne devraient quand même pas nous déloger de chez eux, nos amis policiers.

Campeche

Lentement et matinalement on franchi la frontière entre Yucatan et Campeche. On trouve un généreux chauffeur qui traverse son pays pour regagner tout au sud Tapachula. Il est parti pour 16h de route, et en partagera 5 avec nous. Longeant les magnifiques plages désertes du golfe du Mexique, il nous dépose sur l’île de la Ciudad del Carmen. Chaleur intense, et corps endoloris par la séquestration des petits bancs en béton, on se repose sur la plage avant de sonder les logements. Sur le chemin je rencontre un militaire très concerné par la culture européenne qui m’accompagne voir le gardien de la plage, lequel accepte sans hésiter de nous laisser nous y installer. Quelques heures après, en mettant le hamac, deux nouveaux gardiens interviennent, eux ne sont pas d’accord pour que l’on reste. Problème il fait déjà nuit, et l’accord nous avait été donné. Nouveau choix : Rester sur la plage (1) ou essayer de trouver un hôtel (2)?

(1) Petite discussion ils finissent à avoir pitié et passent l’éponge. Le calme campe à nouveau en notre compagnie. À l’approche de minuit, les paupières, lourdes, commencent à chuter alors qu’un faisceau de lumière et une agitation palpable s’approchent. Une meute de policiers armés nous sortent de nos hamacs. Un peu vindicatifs, ils veulent nous emmener au poste étant donné qu’il est « strictement interdit » de dormir ici. Le jeu de l’intimidation commence. Moi j’ai plus rien à cacher en tout cas. Bien sûr, on comprend qu’ils attendent eux aussi une faveur financière de notre part bien qu’ils n’aient rien à nous reprocher. Quasiment minuit, à moitié endormis, a un endroit où on avait dit qu’on pouvait rester, un énervement logique se fait ressentir. Et je ne retrouve plus mon portable. Ils sont au moins six, bougeant dans tous les sens pour nous donner le tournis. Ils finissent par remonter en voiture. Attendez mon portable, je l’ai vraiment perdu. Que faire : Aller les voir (1′) ou continuer à chercher l’objet (2′)?

  • (1′) Je vais les voir, ils m’assurent qu’ils n’ont rien. Plus tard l’un d’eux se joint aux recherches et retrouve l’objet posé au sol un peu plus loin. Ouf. Maintenant, on range tout et on s’en va. Arrivé à l’hôtel, je me rend compte que c’est ma batterie qui manque. Batterie volée (ou perdu) -15 points d’équipement.
  • (2′) Les recherches continuent mais le portable ne réapparait toujours pas. Plus de nouvelles des policiers qui semblent s’en être allé loin. Plus de cellulaire -50 points au moral, -150 points d’équipement.

(2) Bon réflex d’aller directement chercher un hôtel : décision que nous avons malheureusement prise un peu trop tard. L’hôtel est confortable, douche, clim, il y fait même presque un peu trop froid.

Pas facile pour nous le Mexique. Le stop demande beaucoup de patience, et trouver où dormir est un jeu de cache-cache avec les flics. Une partie pour l’instant mal engagée, 3-1 en faveur des autorités.

tabasco

On sort mollement de l’Etat de Campeche pour arriver dans celui de Tabasco. On passe la grande agglomération de Villahermosa, puis la pluie arrive alors qu’on stoppe notre route à Cardenas. Dans le centre, un homme nous accompagne pour trouver un logement. Agréable au début, il deviendra vite, après 300 mètres de marche, très lourd et agressif en nous réclamant de l’argent pour son aide.
Finalement, un logement plus commode que les décors de geôle vue plus tôt. La place du centre ville est remplie de famille, de lumières, de bruits, de jeux et de friandises. Les enfants s’amusent à se foncer dessus à bord de leurs petites voitures électriques. Au petit stand où l’on dîne, une quantité impressionnante de nuances de sauces piquantes est disposée en devanture. Ici c’est : Tabasco.

Lendemain, direction le Chiapas. Sur le chemin, Chontalpa, à une vingtaine de kilomètres de la nouvelle frontière. En marchant dans le centre, un homme la bière a la main, attablé en famille fait signe de le rejoindre dans le jardin. Il nous propose une bière et à manger. Une soupe chaude avec des piments soi-disant doux. De nouvelles bières nous sont offertes, puis d’autres. On teste la Michelada, bière salée au citron et épices, alors que de nouveaux convives rejoignent la fête de famille. Le propriétaire des lieux, Rodolpho arrive à son tour. Drôle de personnage, bedonnant qui s’exprime principalement en gestes amples et maladroits accompagnés de quelques bribes de voix rauque. Il est complètement bourré. Un bon Mexicain. Il a des cicatrices sur les bras, et bien que sympathique, il est légèrement intimidant. Un homme a l’écart nous apporte les boissons et nous débarrasse des déchets. La musique est très forte. L’homme qui nous a interpellé, Juan, nous parle en très bonne anglais et fais la traduction aux autres convives, alors que nous nous exprimons principalement en espagnol. Pas très utile du coup, encore un effet magique de l’alcool.
Rodolpho sort son Sombrero, ainsi qu’un Remington qu’il gigote dans tous les sens. Il nous laisse même le revêtir. Soirée agréable la chaleur baisse peu à peu, et les invités s’en vont. Une dernière bière de plus, Rodolpho tient désormais à peine debout. Il se livre sur l’histoire de ses cicatrices, à l’armée, et évoque son louche présent, comme quoi il serait chef de cartel, fils révolutionnaire de « Ponchovila ».
Pourtant, une bonne ambiance de famille règne ici, sauf quand Rodolpho se lève et commence à lancer des insultes aux voitures de police qui passent dans l’avenue. Aussi, des gens pas très nets viennent rendre visite, et repartent avec de l’alcool ou des sacs dissimulés. Et il y a toujours ce mec là qui débarrasse la table. Il tient la garde, s’assure qu’aucun intrus n’entre sur le terrain. Un autre vient prendre la relève pour la nuit. Eux ne sont pas de la famille. Au fond du jardin, une femme fait la cuisine devant un groupe de 4 chiens de garde agressifs qu’il ne faut pas approcher. D’autres chiots, tout mignons se baladent dans le jardin. La famille finit par aller se coucher et les hamacs sont posés.

Pour ce nouveau jour, on fait un tour de ville avec Rodolpho et Orfa, sa femme. Au volant de la voiture, il s’amuse à déclencher un mix de sirènes de police et de pompier à chaque fois qu’il croise une tête amicale. Arrêt aux ananas, la dame nous propose un peu de piment sur nos tranches. Nouveau choix : mettre du piment sur son ananas (1) ou non (2)?

(1) Courageux, ambitieux, culotté !… Mais pas très malin, pas habitué à cette expérience, rapidement un mal de ventre vous oblige à vous arrêter aux toilettes. -5 points en digestion.

(2) Bah non, merci ça ira.. Bonne décision bien qu’un peu froussard, vous appréciez l’ananas à sa juste valeur. + 5 points sur le rayon fruits et légumes.

Et oui, ce n’est pas une légende, au Mexique, particulièrement à Tabasco, ils aiment le piquant, dans la soupe, la bière, sur l’ananas, sur les mangues, … On initie même les tout jeunes enfants en en mettant dans leurs bonbons.

Chiapas

Sur la suite du chemin, les paysages sont très différents, de grandes vallées avec de larges lacs, des petits villages escarpés, et une fraîcheur oubliée. Doucement, nous arrivons au Chiapas, à Tuxcla. Ville aérée, calme, agréable.

Le plus dur reste d’en sortir. On passe la journée suivante à tenter de s’en éloigner, mais alors que la nuit va apparaître d’ici quelques heures, nous n’avons pas même fait 15 km. Le bus, symbole du désespoir, est la solution qui se présente quand tout paraît trop long. Finalement de retour sur le littoral Pacifique, aux portes de l’Etat de Oaxaca, le stop devient plus facile. De là, on compte rejoindre Puerto Escondido pour y faire du volontariat pendant une dizaine de jours.

Oaxaca

On parvient dans la journée à faire les 250 km restant pour arriver à bon port. On peut même profiter de la plage avant d’aller rejoindre notre hôte : Emanuele ; Pianiste, sculpteur, architecte, penta-linguiste. Sicilien érudit, il est venu construire sa forteresse de rêve sur les hauteurs de la station balnéaire. Son projet ambitieux va s’étendre sur l’ensemble de son vaste terrain avec comme summum une immense terrasse surplombant le voisinage. Un futur petit paradis de béton. En résumé : travail éreintant, repas merveilleux, plages paradisiaques, piano à queue, repos. On restera une dizaine de jours avec Emanuele, son compagnon Russe Alex, et les travailleurs mexicains Victor et Francisco.

Dix jours passent, et on s’attaque à la montée pour la ville de Oaxaca. Lâché au milieu de rien, encore très loin de ladite ville, la journée commence à s’assombrir on s’imagine dormir dans un bâtiment à l’abandon. C’est alors que deux missionnaires s’arrêtent. Les deux confrères se rendent à Oaxaca pour rencontrer des étudiants. La route est très longue, les paysages rappellent le Costa Rica. Une playlist de musique chrétienne en tous genres tourne en boucle. Le chauffeur commence à fatiguer. Il ne voit plus les armées de dos d’âne approcher et les prend à pleine vitesse. Nouveau choix : Lui dire de faire attention (1) ou ignorer (2)?

(1) Il ne semble pas apprécier votre remarque, le trajet se termine dans le calme.

(2) Après tout c’est sa voiture qui encaisse. On arrive dans l’agglomération. Notre chauffeur fait un détour pour nous rapprocher du centre et faciliter notre recherche de logement. Merci !

22h à Oaxaca, le programme, chercher un hôtel et se reposer. Magnifique ville. On reste deux jours pour bien profiter de ses marchés, son centre, son musée et manger quelques insectes encore juteux avec du fameux mezcal.

On parvient difficilement à s’éloigner de la ville. À l’entrée de l’autoroute le temps devient très long. Aviez-vous décidé de dire à votre chauffeur de se calmer sur la pédale (1) ou avez vous toléré sa technique de pilotage sportive (2)?

(1) Les voitures passent et s’enchainent. Après 2 semaines d’attente au même endroit, vous mourrez de déshydratation et d’ennuie. Perdu. -15000 points de vie.

(2) Ah, enfin une voiture s’arrête. Hé mais on connaît ces deux têtes. C’est nos deux missionnaires qui nous avaient déjà pris 2 jours plus tôt. Quel hasard saisissant. Une fois de plus il nous font profiter d’une longue distance en leur compagnie et de leur playlist bénite, on arrive à Puebla, à 130 km de México.

Ciudad de méxico

Direction México, le boss final du Mexique. Un gros pickup s’arrête. Approche de la capitale, on entre sur le premier périphérique, puis un autre et encore plein d’autres. La ville se dresse au delà de l’horizon. C’est spectaculaire, et on est encore loin du centre. Mexico est la deuxième plus grande agglomération du monde, habitée par près de 23 millions de personnes, on s’embarque dans un potentiel enfer.

Lâché dans le centre, PH a repéré « l’hôtel le moins cher de la capitale » à quelques stations de métro. En plein centre on va visiter les alentours, parc Alameda Central, Palais des Beaux Arts, Avenue 5 de mayo et Place de la Constitución. On passe devant tout un ensemble de marchés ambulants, où tout est à vendre, électronique, vêtements, nourriture, bijoux, magazines, … pour des prix dérisoires. Etonnement, la ville est très plaisante, pas du tout oppressante.

Le lendemain, nouvelle option. On s’est penché à nouveau sur l’idée du Couch Surfing. Pour l’instant malheureux, on trouve de nombreuses offres ici. Beaucoup sont loin du centre, mais en même temps la ville est tellement grande que ça reste de la ville. On rencontre donc Esteban, un jeune journaliste, vidéaste, qui accepte immédiatement notre demande. Lui aussi habite loin, 1h de métro pour atteindre un bus qui nous rajoute 30 minutes. On arrive dans un petit quartier calme, avec une magnifique vue sur le centre, plus loin. Esteban nous amène chez sa famille, apparemment habituée à accueillir les gens. Un grand garage avec 4 voitures et une moto, un coin télévision bien confortable et un billard.
Esteban a un frère jumeau, Roberto, que l’on retrouve à l’étage supérieur, accompagné sa copine française, Émilie. Tequila de bienvenue au gusano (ver de terre) et tacos maison. Au delà de la ressemblance physique, les deux frères sont tombés sous les charmes de Françaises. Super sympa, on parle de foot, cinéma, culture, histoire. Tous les deux ont plein de choses à nous montrer en ville.

Esteban en premier prend sa voiture pour nous amener à Coyoacan, un quartier huppé. Celui de l’illustre artiste Frida Kahlo et ultime quartier de résidence de Trotski qui y sera assassiné. Un grand marché artisanal plein de couleurs, une grande et belle place animée, une petite pluie parisienne. Sur le chemin du retour on passe prendre un pulque, breuvage sacré Maya qui a la particularité d’avoir un goût d’oignon fermenté. C’est pas mauvais, mais c’est pas très bon.

On est chanceux, le lendemain Roberto emménage avec sa copine au centre ville. Ils nous proposent de nous héberger. Parfait, nous qui espérions retourner plus au centre.

Aujourd’hui visite du parc de Chapultepec qui abrite la villa présidentielle, le zoo, et le château homonyme. Spacieuse et magnifique étendue. On remonte la vaste avenue de la Reforma. On finit la journée par la fameuse place Garibaldi, lieu de siège des musiciens Mariachis. Une petite bière à rapporter à l’appart pour faire profiter nos hôtes de l’indispensable vendredi bière.

Bourrés de bonnes intentions, on compte aujourd’hui visiter le musée de l’anthropologie. Immense bâtiment qui retrace l’histoire de l’humanité et des cultures locales. Le soir, on se laisse tenter par un match de catch mexicain. Les luchadores, des catcheurs en slip rose qui gardent la pudeur de porter un masque, se succèdent en attente du clou du spectacle. La salle se remplit lentement. On a le droit à de mauvais jeux d’acteurs où le méchant à terre profite que les gentils aient le dos tourner pour leur sauter dessus, se jetant même parfois en vol plané hors du ring. Ce sont de véritables acrobates bien que même à une vingtaine de mètres les coups sont distinctement faux et qu’ils mettent toujours 5 secondes à se relever d’une claque. Surprise, un arbitre nain entre en scène et lance l’affrontement entre 6 autres nains qui prennent possession du ring. Chez les gentils est annoncé le plus petit lutteur du monde : « microman ». Il est vraiment minuscule et se déplace difficilement. Un mélange de rire et de compassion, c’est un peu « malaisant ».
Pour ces derniers jours nous nous baladons et visitons plusieurs différents marchés, dont un qui propose tout un tas d’insectes et de nourritures bizarres. On y goutera du crocodile, de l’iguane, et du lion. On ne sait pas si tout ça est bien légal mais c’était l’endroit où jamais.

Ça y est. Après avoir bien profité de la capitale, nous sommes parvenus à temps à l’aéroport. Désormais la suite des aventures c’est en direction de la Colombie.

Pour avoir su prendre les bonnes décisions et nous avoir mené jusqu’à notre avion, voici en récompense quelques photos de notre séjour, de nos rencontres (sauf pour ceux qui ont moins de 50 points, vous n’êtes plus les bienvenus sur ce blog).

Cénote Dzombakal
Les bancs du commissariat de Maxcanu
Le commissariat de Maxcanu
Mauricio, notre chauffeur à Campeche
Rodolpho et Juan, le cartel de Tabasco
PH avec le sombrero
Moi avec le sombrero
Emanuele et Alex nos hôtes à Puerto Escondido
Francisco et Victor, les compagnons de travaux
Intérieur de la maison
L’entrée de la villa Viscuso
Les luchadores nains
Petit déj classique
Les deux frères Mexicains Esteban et Roberto

Un commentaire sur “Worldex dieciocho (18) – L’aventure au Mexique

  1. Tes commentaires m’ont replongée dans les souvenirs de quatre voyages au Mexique, le dernier en 1991. Oaxaca et le Chiapas restent mes.lieux favoris, sans oublier San Miguel de Allende au nord de Mèxico D.F. la colombie est un pays beau et très attachant. Millones de besitos Dominique

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