Worldex veinte (20) – En solo

Jour 366 – Jour 382 . 1er août 2019 – 17 août 2018

Avant d’arriver à la frontière Équatorienne j’ai proposé à Coco de decouvrir ce pays chacun de notre côté. L’occasion d’aller où l’on veut, comme on veut et d’expérimenter le voyage en solo.

Passage de la frontière Colombie-Équateur

Nous passons cette frontière ensemble, toujours en compagnie de migrants Vénézuéliens (des centaines cette fois). Côté Colombie, pas de soucis, une file est réservée aux étrangers et trois aux Vénézuéliens. Côté Équateur ça ce complique, une file chacun qui se rejoignent avant les bureaux, 2h pour passer ce qui laisse l’occasion d’observer les alentours. Des centres gratuits de premiers soins et de vaccinations pour les enfants ont été installés, des gens se cherchent et se retrouvent, j’essaye de mettre mes yeux sur nos précédents compagnons sans succès, des hot dogs hyper saucés et des gelées sont vendues avec un certain succès, des gens dorment un peu partout attendant sûrement une connaissance ou un déblocage de leur situation. Ça y est c’est à nous, tout est en règle !

On commence le stop de l’autre côté et très rapidement une mini camionnette s’arrête, nous escaladons la petite benne tandis qu’un accolite profitant de notre « expertise » se joint à nous. Wilson restera avec nous pour traverser la ville partageant sa pompot’ et nous nos petits pains. San Gabriel nous accueillera pour notre première nuit en Équateur et lendemain nous partirons chacun de notre côté.

Je pars le premier et prends position. 30 min plus tard j’aperçois un pull orange et Coco à l’intérieur. On a choisi le même spot de départ mais il ne semble pas bien fonctionner. Il se place quelques dizaines de mètres derrière moi respectant l’usage des auto-stoppeurs (occidentaux, en Amérique c’est chacun pour soit) de laisser le premier arrivé en bonne position. Malgré ça il réussit à partir avant moi, pour ma défense un marcheur Colombien a trouvé l’idée bonne de faire du stop et s’est joint à moi. Adios Coco. Après son départ c’est cette fois six Vénézuéliens qui me rejoignent. Le stop à 8 c’est parti! A ma grande surprise un camion s’arrête, nous courons tous dans un gros désordre n’ayant pas le temps de mettre les sacs sur les épaules et montons dans la benne. Très peu confortable cette benne metallique, les incessantes vibrations nous obligent à réajuster nos assises régulièrement et le vent soulève des nuées de poussière. Ici aussi le silence se fait quand le camion s’arrête, ici aussi on dort comme on peut, ici aussi on s’échange nos histoires et ici aussi on partage. Une cigarette circule, mamie laisse sa portion de nourriture à ses petits enfants, on s’échange des tissus pour se protéger des grains agressifs de sable et je divise mon pain.

Dans la benne dans vision du monde extérieur

Le chauffeur nous engeule pour qu’on descende, cela fait 5 minutes qu’il s’est arrêté mais comme on ne voit rien au fond de notre trou on ne savait pas que la destination avait été atteinte. Je découvre un paysage désertique et chaud, en un trajet le climat est totalement différent, j’enlève mes couches de vêtements superflus avant de rejoindre le groupe de stoppeurs. Deux ou trois personnes supplémentaires sont apparues, cette fois c’est trop je les laissent pour tenter ma chance seul.

Stop à 10

J’arrive à Otavalo qui se démarque par son marché artisanal et son ambiance sympathique. Puis Quito, en camion-citerne-stop, capitale de l’Équateur en haut de sa montagne, culminant à 2850m d’altitude. Les rues du centre historique sont bondées de touristes se prenant en photo devant les bâtiments coloniaux, certe imposants mais sans grand intérêt. Je préfère me perdre dans les petites rues adjacentes qui font offices de marché caché et aller voir le Christ qui regarde s’étaler l’urbanisation du haut de son mirador.

Je reprends la route en direction de Baños. On me parle de couilles (« Cuy » en fait mais au moins vous l’aurez bien prononcé), ces cochons d’Inde rôtis, spécialité du pays et du niveau de vie Équatorien apparemment sensiblement plus élevé que dans le reste de l’Amérique latine (mais après vérification c’est faux en fait). J’arrive à Baños en roi. Une famille, toute excitée de recevoir un français dans son humble véhicule, n’a pas hésité à faire un détour de 80km pour que je garde une bonne impression de mes rencontres en Équateur. Là bas, un petit camping me servira de base. Dans ce dernier, plein de voyageurs à petits budgets, d’Argentine surtout, l’ambiance est très relax. Je rencontre aussi un couple de Français, Benjamin et Tiffany, remontant l’Amerique du Sud en 4×4 emménagé. Je voulais rester une journée, j’y suis finalement rester trois dans ce village perché sur un plateau dégoulinant de cascades.

Le plateau sur lequel repose la ville de Baños. Une multitude de cascades en découlent

Géographiquement l’Équateur est séparé en trois zones : la Costa plus touristique, la Cierra montagneuse et la Selva le début de l’Amazonie au climat tropical. Pour l’instant je suis resté au froid dans la Cierra et la fameuse forêt me fait de l’oeil. Je me laisse tenter et prends la route des cascades qui descend des montagnes et m’offre un bain de verdure. Comme je m’y attendais il fait chaud et humide, la végétation est omniprésente et les gens visiblement pas très habitués à voir des touristes, des yeux se posent sur moi à chaque pas. Je file à vive allure vers le Sud dans la camionnette de Martin et de son fils de sept ans Juan. Nous trois un peu serrés à l’avant et une grosse glacière à l’arrière. Martin est glacier et régulièrement nous faisons des arrêts pour livrer ses douceurs maisons qu’il échange ou vend. Il sera tout content de me montrer une jambe de cochon qu’il reçoit du boucher du village. Puis je fais route avec Wilfred un jeune Colombien qui s’en va livrer des produits chimiques dans une mine d’or dans le Sud de l’Équateur, malheureusement interdite aux visites. Très macho, il klaxonne absolument toutes les filles que nous croisons et s’arrête de temps en temps pour demander le chemin qu’il connait très bien. Il réussira aussi à vendre à un inconnu une machine à glace lors d’une pause pipi. La « ruta oriental » sépare vraiment les montagnes de la forêt. A droite les pentes abruptes, à gauche le début de la forêt Amazonienne qui s’étend à perte de vue et, tantôt à droite, tantôt à gauche, les rivières qui alimentent le fleuve le plus grand du monde.

Prochaine étape, la grande ville de Loja, retour dans la Sierra. La ville n’a rien de particulier surtout sous la pluie. Je n’y reste pas longtemps et me met en route de la frontière. Trois voitures et deux camions-citernes plus tard je rejoint Macara. Pas de news de Coco, apparemment il s’était fait voler son portable dans un bus à Quito. Il arrive trois jours plus tard me laissant le temps de m’acoutumer à la ville et à prendre mes habitudes dans un petit restau d’empanadas verdes.

On arrive au Pérou !

Sans perdre de temps nous nous mettons en marche le lendemain pour la frontière. Petite frontière que l’on passe sans problèmes mais le traffic routier est minimum, très peu de véhicules particuliers seulement des taxis et quelques bus. C’est là que Corentin annonce son désir de rentrer plus rapidement en France pour réaliser un projet professionnel avec un de ses amis. Il prévoit d’être en France en février 2020 en passant par quelques pays d’Asie. Délai plus trop compatible avec l’autostop, il va accélérer la marche. Nos chemins vont ainsi bientôt se séparer…

Nous rejoignons Piura puis Catacaos quand nous apprenons que Loïc et sa copine d’Argentine Irina y sont. Pour rappel Loïc c’est le cycliste qui était avec nous pour la traversée de l’Atlantique puis des Caraïbes. Il a fait la Colombie à vélo en solo puis est aller chercher Irina en Argentine en bus, ils sont revenus en avion en Équateur, ils ont descendus l’Équateur à vélo et nous voilà avec eux à Catacaos. Le monde est petit. Avec eux nous cherchons un logement, pas possible chez les pompiers, dans le parc central non plus, le curé ne veut pas… Bon ce sera l’auberge pas chère et vraiment pas terrible du coin alors. Au matin, nous nous séparons eux partent à vélo et nous à pieds. Deux heures d’attentes sur le bord de la route et nous les apercevons au loin, un dernier au-revoir et nous les laissons s’éloigner.

Avec Lolo et Cutu. Des Vénézuéliens en arrière plan on aussi profités de la photo

La concurrence est forte sur la route, les groupes de Vénézuéliens se succèdent jusqu’à ce qu’un camion nous fasse monter pour 6km puis un autre pour 3h. Nous dégustons notre premier Ceviche (poissons cru, citron, oignons..) avec notre chauffeur et reprenons la route pour Chiclayo.

Ceviches à partager avec notre chauffeur

C’est ici que nous décidons de nous séparer avec Corentin, je vais me diriger vers Lima, capitale du Pérou et lui vers la cité d’or dans les montagnes. Un an ensemble sur les routes et les mers qui s’achève. C’était un plaisir de faire se bout de chemin ensemble, profite du reste de ton voyage !

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